Trail de la Sainte-Victoire 2012 par Laurie

Publié le 15 Avril 2012

 

Trail de la Sainte-Victoire 2012

 

 

Si lorsque j’ai commencé le trail, on m’avait dit, un jour tu le feras, je ne l’aurais pas cru. Et pourtant nous voilà dans la salle des fêtes de Rousset en cette fin d’après-midi du samedi 14 avril pour retirer nos dossards, Thierry G., Daniel L, Bertrand et moi.

La faute à qui, à Thierry ! Et oui, il y a 2 ans, j’ai lu le récit de son 1er trail de la Sainte-Victoire 2010 et je me suis dit, l’année prochaine je m’inscris. Sauf qu’en 2011, l’organisation ajoutait 10km et qu’à cette époque je ne m’en sentais pas capable, alors je me suis dit ce sera pour 2012 !

Et voilà nous y sommes et il se trouve aussi que je suis le n°1 féminin du challenge. Aucune pression… vous imaginez bien la chose. Philippe E, responsable du challenge qui vient me voir « demain tu montes avec moi sur le podium pour le briefing », mes collègues qui se moquent gentiment de moi « ça va la n°1 ? », des gens que je connais à peine qui me demande si je suis en forme et si je vais faire un podium ».

Super quand on connaît la réalité des choses, d’une part si je suis en tête c’est parce que très peu de filles on déjà fait 3 courses (un comble pour une « parisienne »), d’autre part des OVNI tels que Irina M ou Sandrine B seront au départ le lendemain, sans parlé d’Agnès L qui m’avait semblée en grande forme lors de la reco. Donc tout cela ne me mets pas vraiment en confiance, moi qui ne stresse jamais avant une course… il faut un début à tout.

 

Après une bonne nuit de sommeil, je récupère Daniel et nous fonçons à Rousset.

Règle n°1, arriver en avance est essentiel si l’on veut avoir le temps de discuter avec tout le monde avant le départ. Arrive l’heure du briefing, la salle est pleine. Le discours commence, moi je suis aux toilettes. Dès que je sors, on me dit « dépêche toi ils t’attendent sur le podium », non c’est une blague, « si si tout le monde t’attends ». Moi qui aime bien la discrétion c’est raté. J’aurais du mettre une chaussure verte et une autre rouge comme Patrice (déguisé pour l’occasion). J’articule 4 pauvres mots au micro et nous nous dirigeons sur la ligne de départ. Après un échauffement exprès nous nous plaçons sur la ligne de départ de cette 10ème édition.

 

Dès les premiers mètres, les « fous » partent à bloc, Mickael est là pour nous encourager, si tôt, c’est très gentil. Ce n’est pas Henry qui se serait levé ni pour nous encourager, ni pour courir d’ailleurs !!

Nous prenons notre petit rythme. Les filles « normales » partent prudemment, je reste donc un bon moment avec Sylvie et Agnès. Daniel semble bien à son aise, tu parles il est entouré de 3 filles. Les OVNI prennent le large dès les 1ers mètres, cela ne vient à l’idée de personne d’essayer de les suivre.

Nous voyons le haut du peloton qui s’étire, nous en sommes assez loin pour le moment.

Dès que nous entrons dans le vif du sujet (au bout de 10km, après le 1er ravito à Saint-Antonin où Pascal nous accueille et vient faire quelques mètres avec nous), sur les sentiers du refuge Baudino, c’est super agréable, je maintiens une allure qui me permette d’avancer tout en étant à l’aise, c’est cool. Soudain j’aperçois Irina, problème, elle ne va pas bien et devra s’arrêter quelques kilomètres plus loin. Apparemment ce n’est pas grave, tant mieux. Je suis donc pour le moment 3ème derrière Agnès qui vient de me quitter, Daniel est lui aussi parti, Sylvie me suit de près. Chacun€ gère à son rythme. Successions de montés et de descentes puis la arrive le début de la dernière montée avant le refuge, Daniel perché un peu plus haut me fait remarqué que c’est ici-même que je me suis ouvert la tête, je suis donc rassurée et bien en confiance puisque c’est un terrain que je connais bien pour l’avoir vu de très près. Plus ça va et plus ça monte mais je suis à l’aise. Ah coup de téléphone, je décroche, c’est mon chéri, nous commençons donc à discuter en pleine ascension où il faut parfois mettre les mains pour se hisser plus haut mais cela ne me dérange pas apparemment, je suis contente qu’il pense à moi. J’entends un peu plus loin vers le haut une voie qui me crie « Laurie taie toi, jamais tu ne t’arrête ». Je n’avais pas encore dit grand chose depuis le début de la course justement. Cette voie, c’était Daniel. Apparemment ça raisonne dans toute la montée !

Bref, tout se poursuit jusqu’à Puyloubier en gérant. Par contre je commence à stresser car nous arrivons bientôt au village et je suis assez en avance sur l’heure prévue. Ma mère doit venir avec mon ravito, capital pour la suite, or je n’arrive pas à la joindre sur son tèl. Soudain Pascal qui surgit à nouveau, nous faisons quelques mètres ensemble puis j’appelle Thierry (de Lise), « non on n’a pas vu ta mère mais on est un peu avant le village, tu nous vois ». Oui, ca y est Lise me rejoints, nous arrivons à Puyloubier, ma mère est bien là. Chivas me saute dessus (Chivas c’est notre chien), je recharge le sac tout en parlant avec ma mère. Pendant ce temps un monsieur me demande « mais vous arrivez d’où comme ça ? ». A moi de répondre tout sourire, « Ben de Rousset Monsieur, en passant par la montagne, nous avons fait 30km, il nous en reste 30 ». Le mec en a perdu la voix. Bon pas question de trop s’attarder. Je remercie ma mère et repars, je passe devant les supporters du MTC puis devant le team Luxembourg qui m’encourage et je rejoints Lise à la sortie du ravito pour commencer l’ascension jusqu’à l’oratoire de Maliver. A partir de ce moment précis, c’est le début de la fin pour ceux et celles qui sont venu chercher le calme et la tranquillité sur les sentiers de la Sainte-Victoire en ce dimanche après midi… Un ami coureur nous double « mais jamais vous ne vous arrêter… de parler, c’est extraordinaire ». Un peu plus haut, des supporters inconnus « oh les filles la 2ème n’est vraiment pas loin, arrêter de parler et vous allez la rattraper ». Je me retourne vers Lise, « ne t’inquiète pas, c’est Agnès qui est devant donc aucune chance de la rattraper, il vaut mieux que nous continuons à papoter ».

L’oratoire arrive rapidement à cette cadence et avec un tel débit de paroles, puis c’est la descente vers le col des Portes, nous nous faisons bien plaisir. En bas, Pascal qui nous encourage à nouveau, cela fait du bien. « Je savais que vous alliez arriver les filles, cela fait une bonne minute que je vous entends… ». Trop fort ce Pascal !!

Une des parties les moins drôles de la course (selon moi) commence, une longue piste forestière alternant portions plates, roulantes et faux plat montant, qui doit nous amener à la fameuse montée des plaideurs. Nous la gérons tranquillement car nous savons ce qui nous attends, c’est là que Sylvie remonte un peu sur nous. Ravito juste avant les plaideurs, nous croisons Daniel et attaquons la montée ensemble. Je suis bien, je dis à Lise, « allez on commence à envoyer ». Elle me répond « mais Laurie, il reste encore un bout de chemin », Daniel aussi « fait attention après il y la crête » et moi « oh depuis 40km que je me préserve, il faudrait commencer à envoyer, on avait dit qu’on se réservait pour celle-là, alors on y va ! Et puis il y a Sylvie derrière, ce n’est pas le moment de s’endormir ». Du coup nous partons toutes les 2, Daniel nous suivant de près. Et blablabla et blablabla… nous montons… discutons… croisons Cyril qui attend Daniel pour faire la crête avec lui, je demande à Lise « à quel moment vais-je craquer ? ». Je ne savais pas encore que je n’aurai jamais ce coup de moins bien auquel je m’attendais à un moment ou à un autre (pour la 1ère fois). Ainsi nous arrivons au sommet, une hola de randonneurs qui nous encouragent et nous demandent « c’est vous que l’on entend parler depuis tout à l’heure ? ». Nous partons toutes les 3 (Sylvie nous a rejoint) pour attaquer la crête. Lise nous ouvre le chemin, ça en devient presque trop facile, pas besoin de chercher notre chemin, pas besoin de chercher où poser les pieds… Lise, un grand merci à toi, car à mon avis c’est ici que j’aurai fatiguée si j’avais été seule !! Pas besoin de parler, on se régale. Quelques brefs regards pour admirer le paysage, c’est toujours aussi grandiose la vue que l’on a de la haut. Je me dis que si je ne peux pas trop regarder autour de moi à cause des roches qui se mettent en travers de nos appuis, j’ai 2 semaines pour y revenir (j’y retournerai d’ailleurs dès le mardi matin en rando). Arrivé à la croix, petit coup de téléphone à ma mère pour lui dire que nous seront très en avance sur l’heure prévue à Saint-Antonin. A peine raccroché que nous attaquons la descente en trombe, les randonneurs s’écartent dès qu’ils voient arriver 3 folles qui déboulent comme des malades, on se régale, je dis à Lise « tu peux envoyer encore plus, vas-y, on se fait plaisir ». A ce rythme, nous arrivons au refuge Cézane, Thierry (de Lise) qui nous attends pour rejoindre le ravito de Saint-Antonin. Comme il est arrivé par ce chemin, il connaît le parcours, se place devant en éclaireur, nous le suivons, croisons au passage Irina (qui avait stoppé en début de course) avec sa petite famille entrain de randonner. Ravito de Saint-Antonin, toujours les mêmes supporters, Pascal, José, les collègues du MTC, je recharge et je cherche ma mère qui doit faire les 10 derniers kilomètres avec moi. « Pascal, tu n’as pas vu ma mère », « non, calme toi Laurie, concentre toi sur ta course, allez repars, je lui dirai que tu es passée. Ca va ? », « oui impeccable ».  Nous repartons toutes les 3. Sylvie et Lise ralentissent un peu devant le temps que je passe mes coups de téléphone, à ma mère… qui ne répond pas…, tant pis il faut qu’on avance, je mets mes écouteurs dans les oreilles, mon MP3 que j’avais gardé pour les 10 derniers kilomètres (et non je n’ai pas d’i.pod, trop moderne pour moi). « Alors les filles on y va ?». Et c’est parti pour le final, je me mets devant, nous traçons à pleine vitesse (bon à pleine vitesse d’accord, j’avais l’impression que nous allions vite… après je ne sais pas vraiment, au bout de 6h de course on perd un peu le sens des réalités). En tous cas, nous avons doublé pas mal de personnes sur cette portion, c’est plutôt bon signe. J’ai l’impression que rien ne peut m’arrêter, au bout de 50km, avoir cette sensation là, franchement c’est magique ! Il doit rester 5-6km, à tour de rôle avec Sylvie, nous essayons de creuser l’écart, mais en vain, chacune suit l’autre dans ses relances, du coup Sylvie me dis « on fait comme à Jouques, on finit ensemble », je lui réponds avec plaisir. Je me sens super bien alors je prends les choses en main et emmène notre petite locomotive vers l’arrivé. Lise avait prévu de s’arrêter à Saint-Antonin, elle se régalait tellement qu’elle a voulu continuer avec nous, trop bien !! Nous doublons des personnes du 33km, des amis coureurs du 59km qui nous encouragent « wahou, quelle pèche les filles, bravo ! ». Petit passage dessous un pont, même moi je suis obligée de me baisser et d’effectuer le passage en positon accroupi, j’ai donc une pensée pour Thierry G, qui, au regard de sa taille, a du passer en rampant. La ville de Rousset s’offre à nous, main dans la main, un grand sourire sur nos visages, nous franchissons la ligne d’arrivée, 3ème en moins de 7h40, c’est inespéré. Philippe E qui nous attend, « vous m’embêtez les filles quand vous faites ça, comment est-ce que je vais vous départager moi ? » « On s’en fiche, on s’est régalé ».

Et là, c’est reparti pour de longs moments de discutions avec les coureurs(es) arrivé(e)s, parmi eux, Pierre et Mickael (je cherche toujours Henry d’ailleurs), Nicolas et Patrice douchés, ravitaillés et même massés depuis un moment déjà. Vous vous rappelez de mon ami coureur qui nous avait dit dans la montée de l’Oratoire « mais toujours vous parlez les filles, comment vous faites ? ». Il arrive quelques minutes après, nous félicite et nous fait remarquer « super les filles, mais vous savez que si vous arrêtiez de parler vous pourriez gagner un quart d’heure », bah pour un quart d’heure !! Et puis Daniel franchit la ligne avec Mathilde. Ma mère qui m’appelle, « mais vous êtes où ? ». « Ben à la salle des fêtes de Rousset ». Ne nous voyant pas arrivé à Saint-Antonin, ravito précédent, elle s’était dirigée vers la salle des fêtes… mais de Puyloubier… Décidément nous nous sommes manqué sur toute la ligne. Bon ce n’est pas tout, il serait temps d’aller à la douche. J’ai tellement trainé à discuter que Daniel est déjà douché, moi je n’ai pas encore récupéré mes affaires à la voiture… et il n’y a plus d’eau chaude. Au moins la douche fût rapide pour aller rejoindre notre table où m’attendent l’équipe du CLES et le team endurance shop. Thierry et Bertrand arriveront un peu plus tard, enchantés eux aussi, de leur périple du jour.

 

Bon ce n’est pas tout mais il faut rentrer et penser à récupérer. Ah récupérer… 2 semaines de vacances… et il faudrait que je songe à récupérer, j’y ai certes penser… la nuit surtout, mais les journées sont trop courtes et trop belles ici, nos collines sont trop attirantes pour que je récupère.

Je les vois de Biver, le Pilon du roi, le Puech qui m’appellent…. la Sainte-Victoire qui crie « Laurie, revient ». Et bien sûr, je n’ai aucune volonté d’y résister. Je tairai donc ce qui a été fait après… ce ne sont pas des choses à faire… des choses qui conduisent 2 semaines après à se blesser et à abandonner sur le trail des Lucioles. Mais je ne regrette rien, ni ce que j’ai fait ces vacances, et encore moins ma participation aux Lucioles avec vous tous. Si j’habitais ici, je ferai les choses autrement c’est sûr et même si le repos est désormais forcé aujourd’hui, je ne pense pas en avoir pour très longtemps, enfin je l’espère.

 

 

Laurie

Rédigé par Corine

Publié dans #RECITS DE COURSES-SORTIES-ACCIDENTS

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article