SaintéLyon - Laurie

Publié le 12 Décembre 2010

SAINTELYON 2010, quelle course !!

 

 

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Je me rappelle cette phrase que j’ai prononcé il n’y a pas si longtemps que ça… La Sainté-Lyon, jamais je ne ferais une course comme ça, non franchement courir la nuit et en plein hiver, ça ne me tente vraiment pas.

 

Et puis, cette année une bande de « fadas » décide de participer à la course, ils me demandent à plusieurs reprises si je souhaite m’inscrire, je leur réponds que non évidemment.

Je me souviens même d’une phrase prononcée par Daniel cet été face à un énième refus « je sais que tu vas venir Laurie, tu verras ». Et ben, il avait raison…

 

Nous voici donc parti pour l’aventure !!

La semaine précédent la course, la météo fait des siennes, neige à gogo dans la région Rhône-Alpes, températures plus qu’hivernales (ils prévoient jusqu’à -12°), le parcours totalement enneigé… Ca fait peur… mais bon on ne va pas reculer quand même. Donc nous sommes tous au rendez-vous samedi aprem pour le départ ! Thierry M, Thierry G, Jean-Pierre, Henry, Pascal, Daniel, Nicolas L et moi. Sébastien étant déjà sur place.

 

Arrivé à Saint-Etienne, nous nous installons dans la grande halle prévue pour accueillir les coureurs avec tout notre attirail (duvet, sac de couchage…) … à une place stratégique: juste au dessous des chauffages pour profiter de la chaleur, et pas loin des toilettes des dames (à la demande d’Henry) afin de pouvoir repérer une ou plusieurs nanas à son goût, qui sait la nuit sera longue...

 

Après un bon plat de pâtes, chacun occupe son temps, certains s’adonnent à la PPG et à la Gymnastique, d’autres à l’étude du parcours, et d’autres encore essaient de dormir un peu, chacun avec sa propre technique, l’art de dormir est très personnel (voir photos)… Tout le monde aura réussir à dormir un peu ou au pire à se reposer sauf Henry qui dit ne pas avoir trouvé le sommeil… nous n’aurions jamais du nous placer à côté des toilettes des dames…

 

Arrive l’heure de se préparer, finalement ont été bien allongé au chaud dans nos duvets !! Enfin nous sommes quand même agréablement surpris, les températures sont douces… il fait -6° et pas de précipitations en vu. La nuit s’annonce belle !!

Ah, nous sommes beaux avec nos frontales…

 

Nicolas part avec devant avec les « pros », Pascal et Daniel prennent un départ prudent à leur rythme tandis que je reste avec Thierry M et Henry., Thierry G un peu derrière nous 3.

La course commence pour chacun d’entre nous, ceux qui voudront raconter leur histoire le feront, aujourd’hui je vous fais partager la mienne, à ma façon.

Premières impressions : Qu’est-ce que c’est dur de courir à minuit !! A cette heure ci ça fait longtemps que je dors !

Nous faisons les premiers kilomètres sur la route, tranquillement, pas essoufflée et pourtant j’ai déjà mal aux jambes, les mollets me tirent, je les sens très lourds. Je ne sais pas si c’est le froid ou l’heure tardive mais ça fait très peur pour la suite. Je me demande déjà si ça ne va être un peu galère cette histoire… On quitte la route pour gagner la campagne, et là c’est la neige, de la poudreuse… que l’on retrouvera d’ailleurs sur les ¾ du parcours. Les appuis sont fuyants, j’avance toujours à 2 à l’heure… c’est inquiétant. Je décide de « chainer » mes pieds. Et là, c’est hallucinant, le déclic, je me retrouve enfin, la course peut commencer. Trop bonnes sensations, trop plaisir, les jambes se déroulent toutes seules. Au plus on avance dans la campagne, au plus les paysages sont sublimes.

Le BLANC, que du blanc, de partout (on se croirait presque à la montagne),

L’ECLAIRAGE de nos lampes frontales qui se reflète sur la neige et renvoie cette lumière si particulière,

Le CALME, on n’entend que le bruit de nos pas dans la neige. Je ne parle pas (pour une fois), profitant de ce silence pour contempler ce qui se passe sous nos yeux, j’en oubli même que ça monte,

Les FAISCEAUX LUMINEUX des autres coureurs derrière, qui forment un long serpent de lumière,

Les LUMIERES lointaines (très lointaine) de la ville (de Lyon je suppose),

Les MAISONS DE CAMPAGNES qui donnent l’impression d’être au milieu de nulle part,

La TRAVERSEE des VILLAGES, où les gens nous attendent et nous encouragent,

 

Et là, ben t’es content d’être là, de faire parti de l’évènement, tout simplement !! En tout cas c’est ce que j’ai ressenti.

 

Les kilomètres défilent, le temps passe, plutôt bien d’ailleurs, je suis bien dans ma course. La neige rend cette édition 2010 vraiment particulière (personnellement j’ai adoré) mais elle la rend aussi bien plus difficile et éprouvante physiquement, l’organisme se fatigue même si sur le coup je ne le ressens pas vraiment. J’ai l’impression, à ce moment, que rien ne peut m’empêcher de finir la course. Je suis aux anges, trop contente d’être là et ce sera comme ça jusqu’au 45ème kilomètre.

Je double des centaines de concurrents, quand arrive la descente bien technique dans la neige, j’en grille un paquet, je me régale. Je lance quelques blagues, qui visiblement n’ont aucun succès, tout le monde est concentré pour mettre un pied devant l’autre et ça ne les fat pas rire, tant pis, je décide de me taire et de profiter. Entre 2 foulées, je profite de cet état de bien être pour faire partager ce que je vis et rassurer la famille. Je « textote » rapidement quelques mots sur mon portable, je traque aussi un peu Henry, partit devant depuis plusieurs heures maintenant, en lui demandant s’il se dort dessus. Ce dernier me répond, à ma grande stupeur, qu’il a abandonné au 36ème kilomètre. Plus tard, nous apprenions la raison de son abandon : une mauvaise chute, sur une plaque de verglas, qui l’entraîne 10 mètres plus bas, impossible de repartir, alors qu’il été en pleine bourre, frustration. Personnellement j’ai pensé à d’autres excuses qu’il ne donne pas, pourquoi pas une jolie nana secouriste… Rappelez-vous, il y a 2 ans de ça, au trail de noël, Geneviève m’avait fait le coup du charmant pompier, je n’ai pas oublié… du coup je me méfie maintenant… des excuses d’abandons.

 

Bon revenons à la course. Tout se passe bien pour le moment, je sens que les jambes et les articulations commencent à tirer de plus en plus mais j’avance. Arriver au ravito du kilomètre 45, je ralentis considérablement, dommage car à ce moment je sais que je suis pas mal chez les féminines, j’en ai doublé plein mais bon je ne suis pas en mesure de tenir à ce rythme… entre le 45ème kilo et l’arriver je me ferai doubler par un peu plus de 600 coureurs dont une quinzaine de femmes (c’est ce que les résultats révéleront), il y en a même une qui avait mis ses « booster » à l’envers !! Sortie du ravito, ça remonte légèrement sur la route et là je sais que le calvaire ne fait que commencer. Il reste 23 kilomètres que je ferais dans la douleur. A chaque foulée, une douleur. A ce moment précis, je pense à mon copain qui me disait « t’es complète tarée de faire une chose pareille » et le pire c’est qu’à cet instant je pense qu’il a raison, je pense aux collègues qui m’ont embrigadés dans cette course de malade, je me dis que ça y est j’ai enfin trouvé mes limites… Mais à aucun moment l’abandon ne m’a traversé l’esprit, il fallait finir. J’essaie de penser à d’autres choses comme la joie d’arriver dans l’immense palais des sports de Lyon, les amis et la famille qui me soutiennent… la douleur s’estompe parfois mais revient aussitôt. Franchement, un grand moment de solitude, jamais vécu un truc pareil, tout simplement hallucinant. Je « textote » un peu, histoire de voir si quelqu’un est réveillé et peu m’encourager (il est entre 6h et 7h du matin), des randonneurs sont surpris me voir agir de la sorte, et je leur réponds qu’à la vitesse à laquelle je vais ce n’ai pas bien difficile de pianoter sur son portable.

Je trouve enfin quelques coureurs avec qui parler, histoire de partager ma douleur. Des portions de route, de neige et surtout de verglas viendront clôturer ces 23 derniers kilomètres. Il me semble que je mets un temps infini pour parcourir quelques malheureux kilomètres, en fait ce n’était pas qu’une impression. Le jour commence à se lever, Le temps passe mais pas les kilomètres, je commence sérieusement à me demander à quelle heure je vais arriver à Lyon !! Et puis ces 5-6 derniers kilomètres le long du Rhône sur le verglas, on n’en voit jamais la fin. Ca me rappelle les 10 derniers kilomètres de l’éco-trail de Paris le long des berges de la Seine, point positif, je me dis qu’au moins l’année prochaine, avec ce que je suis entrain de vivre mentalement ici, je suis capable de le faire en reculant l’éco-trail lol.

Et puis finalement, les pas se déroulent les uns derrières les autres, j’accélère (attention accélérer est à remettre dans son contexte car je ne pense pas dépasser les 10km heure), je ne calcule plus rien, ont dirait que les jambes avancent seules, je me languis tellement d’en finir que l’inconscient prend le dessus. Petit sourire pour l’instant photo et franchissement de la ligne d’arrivée dans une ambiance de folie. Ca y est j’en ai finit !!! TROP BON. Il est 8h43. J’ai donc mis ce temps là. Pas le temps de boire un coup que je reçois le texto de mon père qui suit le live depuis son ordi, FINISHER en 8h43, 21ème sénior. L’aventure est terminée mais on n’a pas finit d’en parler. Et puis que d’émotions et de souvenirs. J’appelle El Présidente au secours… Je suis perdue dans l’immensité de ce palais des sports !!!!!!!!!!

J’aperçois Nicolas dans les gradins, ravitaillé et douché évidement... légèrement courbaturé… à peine fatigué par le manque de sommeil… Content de voir que les derniers du groupe arrivent… Vous imaginez, ça fait environ 2h30 qu’il attend… Une brillante 16ème place au Scratch en poche (12ème sénior), il ne finira de nous impressionner !!

 

Avant de partir, chacun raconte un peu sa course, on est d’accord sur un point, une course bien difficile pour cette édition 2010 !! Pascal et Daniel auront fait la course ensemble, ils finiront en 08h17, suivit de Thierry M. en 8h30 puis de Thierry G. en 10h04.

Quant aux coureurs de la Saint-Express (44km), Jean Pierre et Sébastien finissent ensemble après 5h57 de course.  

 

FELICITATIONS à tous les coureurs !! Un grand MERCI à l’équipe de « fondus » du CLES, sans qui je n’aurai jamais eu l’idée de participer à cette course mythique.

 

 

TOUS LES RESULTATS :

 

Sainté-Lyon :

16ème : Luxembourg Nicolas : 6h04 (12ème SEH)

791ème : Rab Pascal : 8h17 (282ème VH1)

792ème : Luxemburg Daniel : 8h17 (45ème VH2)

982ème : Matras Thierry : 8h30 (341ème VH1)

1181ème : Atzeni Laurie : 8h43 (21ème SEF / 29ème féminine)

2470ème : Gai Thierry : 10h04 (215ème VH2)

…Sur un peu plus de 4000 arrivants….

 

Saint-Express :

452ème : Angee Sébastien : 6h57 (233ème SEH)

453ème  : Elicki Jean-Pierre : 6h57 (25ème VH2)

…Sur 950 arrivants…

 

 

Rédigé par nicolux

Publié dans #RECITS DE COURSES-SORTIES-ACCIDENTS

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