100 km de (vélo à) Millau

Publié le 11 Octobre 2009

Journal du suiveur...
Tout a commencé au debut de l année 2009. Lors de notre programme d'entrainement pour la Ste Victoire, le 100kms de Millau était déjà au coeur des discussions. Puis, vint le mois de juillet et, à partir de là, les choses sérieuses débutèrent. Ce programme nous le ferons ensemble, car il dure douze semaines. Mais petit à petit l'idée fait sont chemin. "Et si on le faisait ensemble ce 100 bornes ?" Mentalement et à force de tourner le problème dans tous les sens, nous sommes prêts tous les deux. Mais je me ravise, et reste sur notre accord initial. Je sais "j'ai pas d organes !!!" Je serai suiveur. Pascal compte sur moi et je ne peux changer ses plans  au dernier moment.
Semaine -1. Pascal a coupé completement son entrainement." Il fait du jus "...  Jour J-1. Depart pour l'aventure. Après avoir chargé la voiture et fait dix fois la check-list, nous démarrons ENFIN. Stressé le champion !!!!
Sur les Causses, première halte pour dégourdir les jambes. Arrivés au camping, nous sommes accueillis par le fan club : Maman Rab, Papa Rab, Fiston Rab. Carine arrivera un peu plus tard.
C'est l'heure du repas. Spaguetti à la Pascal. Hum, hum hum. (les mêmes que dans la Drôme). Pascal ingurgitera une nouvelle fois du ?!?!?!?! A propos des pâtes, je vous rassure, Adrien n'en a pas laissé une seule. D'ailleurs le plat n a pas eu besoin d'être lavé... Briefing et derniers preparatifs et dodo pour tous.
A 6h30, réveil pour tous. Il ne faut surtout pas être en retard ; en effet, le départ est à 10h00 !!!!! Ca y est, il est prêt. Perso, je trouve sa tenue pas tres adaptée, mais il insiste...( et encore vous avez de la chance, au debut il ne voulait pas faire le trou pour passer la tête ???
10h00. Je suis au lieu des retrouvailles coureur- suiveur, et j'entends la sirène qui libère les coureurs. Ca y est l'Aventure commence. Après quelques minutes, les premiers sont déjà là. Quelle allure !!! Puis, le gros du peloton arrive (non pas Thierry le V2). Non c est pas moi qui l'ai dit...
Première inquietude, je ne vois pas Pascal. Heureusement, il arrive enfin dans sa belle tenue technique orange. Honneur à Helmut-Cles. Ces premiers kilomètres se deroulent, pour nous, sans encombres. Par contre, pour certains, c'est déja la grosse galère.
Au deuxieme ravito, je fais le plein des gourdes, prépare la boisson qui va bien et je redémarre en trombe. Vite il faut que je rattrape notre champion. Je roule comme un fou mais je ne vois toujours pas ce maillot orange. Au passage, le fan club donne de la voix. Le doute m'envahit. Il est devant ? Je l ai doublé sans le voir ? J'attends ? Je continue ? Ouf ! Enfin, je le vois au sommet de la côte. C'est promis, je ne le quitte plus des yeux.
KM 40 : Ravito. Je ne sais pas pourquoi mais un bénévole ne veut pas me remplir la gourde. La colère me monte instantanément. Je m'enbrouille avec lui et lui vole une bouteille.
Au 42ème kilomètre, premiere alerte. Echauffement aux doigts de pieds. Arrêt. On sort la pommade miracle et il s'en tartine les pinceaux. Faut les cajoler car ils vont souffrir. 
Carine, qui est en centre ville, nous encourage à deux reprises. Je ne suis pas coureur, mais j'apprécie sa présence. Voila enfin le viaduc et avec lui la première difficulté. Cette bosse fait de gros dégâts. Sans probleme, il avale cet hors- d'oeuvre . Au passage, il remercie les sorties trail dans Mimet. Les connaisseurs savent de quoi il s agit !!!
Sur ce long faux plat qui nous conduit à LA difficulté, je remarque que chez certains les jambes sont lourdes et que les pieds trainent. Des signes qui ne trompent pas. Mince !!! Deuxième alerte !!! Son pied droit a gonflé. Il desserre complètement sa chaussure et repart illico.
Au pied du col, le fan club est encore présent. Je m'arrête pour donner des nouvelles. Je dis que tout va bien, mais maman Rab est inquiète. L'ascension est redoutable. Plus personne ne semble en mesure de courir. Sauf un. Il garde son rythme et entame une remontée (au classement) de folie. Tel un métronome, il double un nombre impressionnant de concurrents à la dérive...
A 1km du sommet, nous croisons le premier. Il est déjà sur le retour et son visage est tres marqué par l'effort. Je me pose alors la question " Dans quel état sera notre Clessien à cet endroit ?". Arrivé à Ste Affrique, je n'ai compté qu'une centaine de coureurs devant nous. Je lui indique sa position, mais il ne me croît pas. Il est certain que je lui raconte des histoires. Misère ! C'est à ce moment que la troisieme alerte fait son apparition. Son pied droit n'est plus maintenu et lui a occasioné une ampoule. La belle une de 10000 watts !!! Re pommade. Re tartinage. Re depart.
A la sortie de la ville, immédiatement, la route s'élève. Que c'est long. Interminable. Je n'ai plus d'argument pour l'encourager. Enfin, au prix de terribles efforts, nous arrivons au sommet. Pour nous remonter le moral, nous apercevons une ambulance qui est en train de secourir un gars couché sur le goudron ! Il semble au plus mal... Pas rassurant tout ça. Enfin un ravito. En fait, j ai un peu oublié de m'alimenter. Je surveille tellement notre futur centbornard, je dois lui preparer sa boisson, le ravitailler en glucide, l'encourager, faire des photos et tout noter....Donc je baffre tout ce que je trouve. Le paté de Millau est délicieux mais, vite, le champion est déjà loin et le devoir m appelle.
Nous voici dans un faux plat descendant (heureusement) et c'est interminable. Perso, je suis en VTT mais je souffre pour ceux qui courent.Pour le distraire je prends des photos tout en roulant. J'en rate trois sur quatre. Pas très doué le cycliste.
Arrive enfin cette dernière bosse tant redoutée. Là, faut l'avouer, il est mal notre Pascalito !!! Il veut marcher, il veut s'arrêter. Il ne sait plus. Il ne veut plus courir. Il veut que tout s'arrête. Je lui interdis de marcher. Je sais que s'il s'arrête, il ne repartira pas. A bout d'argument, je descends de vélo et cours à coté de lui ! Je sens que le moral revient. Nous basculons enfin pour la dernière descente.
Sous le viaduc, pour la deuxieme fois, les lumières de Millau nous illuminent. Il est aux alentours de 19h et la nuit commence à nous envahir. Là,  petit souci... Je n'ai pas vu à quel moment, mais une mouche l'a piqué.
Au 95ème km, il décide d'accélérer. Que fait-il ? Je pense aux crampes, va-t-il tenir ? Chut ! C'est sa course et il veut finir en beauté. Fonce mec ! Lâche-toi ! 12, 12,5, 13 km/h... Dans son élan, il double une dizaine d'adversaires. Il finit au sprint.
Sous le portique d'arrivée, le chrono est là : 10h24... Centbornard, il l'est. 
Je le rejoins après la ligne. Nous tombons dans les bras l'un de l'autre. Quelle Aventure.

Pour voir les photos.

Rédigé par nicolux

Publié dans #RECITS DE COURSES-SORTIES-ACCIDENTS

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francis grialou 10/05/2010 16:43


Bonjour,
Je dois être suiveur d'un ami pour l'édition 2010. Pourriez-vous, svp, me donner des conseils pour la gestion de l'épreuve en tant que suiveur. Je suis cylo-sportif mais je n'ai jamais passé plus
de 10h sur une selle. Les conseils sur un plan physique seront les bienvenus, mais aussi sur un plan de la gestion du moral du courreur. Bref je souhaite sincèrement apporter un maximum de soutien
et accompagne rmon ami dans la réussite de ce défi.
Merci d'avance
Francis